Appel pour un printemps isérois !

Alors que la sortie de crise liée au Covid n’est toujours pas en vue, ses effets sur l’économie se font déjà durement sentir avec toutes les conséquences sociales que cela implique dans notre société inégalitaire. À la sidération devant les crises, en partie liées à la perte de biodiversité et au changement climatique, s’ajoute le constat de l’inaction actuelle devant ces menaces environnementales. Dans les Alpes, les effets du réchauffement sont deux fois plus importants qu’ailleurs. Partout les événements extrêmes (canicule, tempête, sécheresse) se succèdent, touchant fortement les milieux naturels (forêts, glaciers, zones humides) et de nombreuses activités humaines.


En France, la crise sanitaire n’a pas été anticipée malgré les alertes des hospitaliers et des épidémiologistes. De même, les menaces environnementales sont documentées de longue date, ainsi que les voies pour y faire face. En Isère comme ailleurs, la crise économique entraîne une augmentation importante du nombre de chômeurs, de précaires, de bénéficiaires des minimas sociaux, de familles fragilisées. C’est le défi qui se pose à nous dans les prochains mois et les prochaines années.


Mouvement des « Gilets Jaunes », marches pour le climat, mobilisation pour notre protection sociale, pour l’égalité femmes hommes ou contre le racisme… depuis plusieurs années, la société française affirme son souhait de justice environnementale et sociale. La Convention citoyenne pour le climat a été un des vecteurs de ces attentes permettant de formuler des propositions réalistes. Malheureusement, depuis quelques semaines, le Gouvernement détricote ces conclusions, mesure après mesure, en même temps qu’il s’attaque toujours plus à notre système social, montrant encore une fois l’hypocrisie du « en même temps ».

«Le Gouvernement détricote ces conclusions, mesure après mesure, en même temps qu’il s’attaque toujours plus à notre système social, montrant encore une fois l’hypocrisie du “en même temps”. »


Depuis 2015, la majorité départementale de droite a fait sienne cette logique du « en même temps », qui n’est de fait qu’un pur trompe-l’œil : les quelques mesures pertinentes en matière de réduction des gaz à effet de serre sont largement annihilées par un soutien inconditionnel à des politiques régressives du XXème siècle qui nous mènent droit dans le mur (soutien inconditionnel aux transports aérien et routier, fuite en avant de l’industrie du ski, aucune anticipation pour convertir notre agriculture locale…). Alors qu’il est le principal acteur de l’action sociale, le Département a réduit considérablement son intervention, véritable désengagement dans de trop nombreux domaines (prévention spécialisée, insertion sociale, soutien aux associations, accompagnement des jeunes isolés, politique de la ville, …) pour se limiter à sa stricte compétence obligatoire ; il a ainsi mis en situation de vulnérabilité exacerbée des ménages et des personnes isolées et affaibli des structures historiques dont les actions de proximité sont non seulement reconnues mais indispensables.

Ces choix opérés depuis 2015 n’engagent pas l’Isère dans un modèle plus résilient, en capacité d’amortir les chocs tels que celui que nous sommes en train de vivre. Pourtant, le Département aurait pu amorcer les virages nous permettant de prendre de l’avance. Il n’en est rien : après ces années de gestion par une majorité de droite, sans perspective, sans imagination ni innovation, avec une politique de solidarité minimale, restrictive et souvent suspicieuse, le Département a vu s’affaiblir sa capacité à répondre à la crise et à accompagner les nombreux Isérois qui vont se trouver en situation de fragilité.

Aujourd’hui, face aux urgences sociales, économiques et environnementales, la voie est claire : l’ensemble des politiques publiques doit avoir pour objectif la transition écologique dans un cadre de justice sociale.

L’Isère, avec la richesse de son patrimoine (naturel, agricole, industriel…), le dynamisme de ses acteurs (économiques, associatifs, culturels…) et son foisonnement d’initiatives citoyennes, a tous les moyens à sa disposition pour relever ce défi. Le Département, comme collectivité locale, a un rôle majeur à jouer pour initier ces transitions, créer des synergies, défendre et développer le Service Public. En tant que chef de file de l’action sociale, il a de surcroit la capacité à s’assurer que personne ne sera laissé de côté. Il s’agit de « faire ensemble » pour cheminer sur la seule voie aujourd’hui viable, celle d’une écologie force de transformation sociale.


Cette philosophie du « Faire ensemble » doit être déclinée dans le respect de chaque territoire : montagne et plaine, espaces ruraux, urbains et périurbains, centres historiques et quartiers populaires, Sud et Nord Isère. Elle doit s’appuyer sur les diversités et complémentarités des Iséroises et des Isérois : personnes âgées et jeunes, producteurs et consommateurs, bénéficiaires des minima sociaux et catégories sociales favorisées, femmes et hommes, corps intermédiaires institutionnels et groupes de citoyens informels…

Nous appelons toutes les forces vives du département – Partis de Gauche & écologistes, syndicalistes, associatifs, citoyens engagés… – à se réunir dans ce mouvement destiné à faire du département de l’Isère un pionnier de la révolution sociale et écologique dont le pays a besoin.

Nous n’avons plus le temps pour les demi-mesures, il s’agit d’inventer un avenir commun prolongeant la dynamique des collectivités qui s’engagent aujourd’hui résolument dans les transitions écologiques et le progrès social.

Dès aujourd’hui comme en juin prochain, le temps est à l’unité populaire : avec enthousiasme et responsabilité, c’est le moment d’agir !


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