2021-11-27

Au delà de la nécessaire rénovation des collèges, il faut aussi défendre la mixité sociale

La question des conditions d’études est un facteur majeur de réussite des élèves, au collège comme ailleurs. Bâtiments modernes, classes avec peu d’élèves, structures de taille modeste… sont autant de points essentiels à l’émancipation du plus grand nombre. Ainsi Cédric Afsa, dans une étude de la Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance du ministère de l’éducation nationale : « Les structures de petite taille produisent de meilleurs résultats (réussite plus élevée aux tests ou aux examens, taux d’abandon au cours de la scolarité plus faibles). Autrement dit, la taille a un effet négatif sur la performance scolaire de l’établissement. »
À ce titre, il faut se réjouir que le plan pluri-annuel proposé en octobre 2021 intègre la rénovation énergétique et fonctionnelle de nombreux collèges vieillissants.

Mais, selon la même étude : « Cet effet varie selon la composition sociale de l’établissement. Ceux accueillant une majorité d’élèves appartenant à des milieux sociaux défavorisés y sont beaucoup plus sensibles, alors que l’effet est faible voire nul pour les autres. »
Le département devrait prendre à bras-le-corps cette question des collèges surpeuplés, soit par le biais de la construction de nouveaux établissements, soit par celle de la modification de la carte scolaire. La question se pose dans tout le département, puisque le collège public qui a le plus d’élèves en Isère est le collège Salvador Allende, à Bourgoin- Jallieu, avec plus de 900 élèves alors même que ce collège est dans le réseau d’éducation
prioritaire !
Le problème plus spécifique de l’agglomération grenobloise est une question de mixité sociale, puisque comme dans la plupart des grandes agglomérations, on y trouve à la fois les collèges les plus favorisés et les plus défavorisés en terme de catégories socio-professionnelles des parents : notamment, 2 des 4 collèges classés dans le Réseau d’éducation prioritaire renforcée de l’académie de Grenoble sont dans cette agglomération. Cette ségrégation scolaire a un effet dévastateur, comme le note le Conseil national d’évaluation du système scolaire dans son rapport sur la question, déplorant « échec et décrochage scolaires, déscolarisation ou enfermement précoce dans des filières ségrégatives, montée des violences scolaires, du racisme, des préjugés, des dérives extrémistes, effritement de la solidarité sociale, problèmes de santé publique, épuisement des enseignants ».
Des solutions existent pour lutter contre cette ségrégation scolaire, comme le montre par exemple l’expérimentation de nos collègues du conseil départemental de la Haute-Garonne, où une politique ambitieuse et participative avec l’aide de tous les partenaires a conduit à une réaffectation des collégiens de l’agglomération toulousaine dans une configuration plus mixte socialement. Le bilan récent de l’expérimentation montre une nette augmentation des résultats scolaires.


Chers collègues, monsieur le président, nous voterons bien évidemment pour ce plan pluri-annuel qui permettra d’améliorer les conditions d’études des collégiennes et collégiens isérois, mais nous vous invitons à aller plus loin dans la politique d’affectation des élèves dans les collèges, pour le bien-être de toutes et tous.

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