2 février 2023

Face au modèle libéral, agir en faveur de l’agro-écologie

Rappelons que le groupe UGES soutient les aides pour les agriculteurs présentées très régulièrement en commission permanente, que ses élu-es se tiennent aux côtés des agriculteurs, et le contredire serait de la part de la majorité départementale très dogmatique (elle le fait pourtant régulièrement). Nos propositions concernent avant tout la façon de les accompagner.  La politique agriculture de la Droite pose des rustines à un modèle alimentaire hyper libéral alors que nous souhaitons le transformer considérant  qu’il est la grande cause des souffrances de la profession.

Les politiques publiques doivent changer ce modèle libéral et promouvoir un modèle socio-économique fort en faveur de l’agro-écologie, ce qui ne concerne d’ailleurs pas uniquement le bio. D’autres pratiques agricoles sont aussi qualifiées d’agro-écologie et ne nous réduisons pas dans nos discours à l’agriculture biologique. Cet accompagnement des politiques publiques vers cette transition est d’ailleurs une obligation légale, comme l’avait énoncé M. le Préfet lors de l’inauguration des nouveaux locaux de la chambre d’agriculture.

Les élu-es du groupe UGES se sont étonnés lors de ce débat budgétaire de la référence du Vice-Pésident Julien Polat aux 800 millions de personnes en sous-alimentation car ses dires (il expliquait que le bio pénalisait la production mondiale) ne sont absolument pas en phase avec les rapports de la FAO, branche de l’alimentation et de l’agriculture de l’ONU. La principale cause des famines vient des guerres, extérieures comme au Yémen ou intérieures comme en Afghanistan. Ensuite, le gaspillage au niveau de la production alimentaire est une cause importante également : 80% des récoltes de riz en Asie du Sud-Est sont gaspillés car les récoltes sont mal séchées et pourrissent dans les transports avant même d’atteindre les consommateurs. Globalement, c’est le cas de 30% des récoltes en Asie et en Afrique. Enfin, et c’est un phénomène nouveau, le nombre de personnes mal nourries dans les pays occidentaux est en émergence car les aspects nutritifs en vitamine et en oligo-élément des aliments ont décrus massivement du fait des sols déséquilibrés liés aux pesticides. C’est aussi dû à notre alimentation qui se concentre en moyenne sur 18 espèces de plantes uniquement sur les 4000 plantes comestibles sur Terre. Il est ainsi urgent pour notre santé de diversifier notre alimentation et arrêter les vastes monocultures, pénalisantes pour l’environnement et un risque climatique et économique pour ceux qui les pratiquent.

En 2021, nous avions convenu, majorité comme opposition, que les agriculteurs vivent malheureusement des subventions qui conditionnent de facto leurs façons de travailler. Ils ne sont donc pas libres de faire ce qu’ils veulent. Nous avions aussi convenu que la transition agro-écologique demande du temps et qu’il faut l’accompagner. Suivons donc ce qu’une étude de l’INRAe préconise : 10 ans pour que la souveraineté européenne soit assurée à 100% en agro-écologie. Pour cela, il est évidemment nécessaire de réduire par deux notre consommation de viande. Ce n’est pas un prix lourd à payer, et c’est aussi une question de santé publique. Le Vice-Président Vincent Chriqui l’a d’ailleurs écrit dans son livre, sans pour autant voter l’amendement du groupe UGES sur les cantines scolaires alors qu’il était construit des phrases et propositions tirées mot pour mot de cet ouvrage.

S’il y a bien un combat qui réunit l’ensemble des agriculteurs, c’est bien celui de se battre contre les traités de libre-échanges qui sont la grande cause des rémunérations aussi basses pour nos agriculteurs et de leur souffrance. Une question s’impose alors pour la majorité départementale : soutient-elle ces traités imposés par les partis de droite au niveau européen et pourquoi ? Jean-Pierre Barbier et le Vice-Président à l’Agriculture n’ont malheureusement pas répondu à cette interpellation.

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