03/05/2024

Au Département, des recettes en hausse qui ne sont pas redistribuées

Lors de la séance publique du 30 juin, Thierry Badouard, conseiller départemental du canton de Grenoble 1, est intervenu sur le budget supplémentaire 2023. Le budget du Département présente une hausse des recettes de fonctionnement de 50 millions d’euros mais la majorité fait le choix d’affecter l’essentiel de ses recettes à la réduction de son emprunt. Face à cette frilosité, Thierry Badouard a rappelé quels sont les choix que portent la gauche et les écologistes.

Ce budget supplémentaire présente une forte hausse des recettes de fonctionnement qui s’élève à près de 50M€ par rapport au budget primitif voté il y a 6 mois, qui viennent s’ajouter à l’excédent de 70M€ du compte administratif 2022.

Ces recettes viennent compenser très justement des hausses de dépenses contextuelles comme l’aide apportée aux Collèges suite aux hausses de prix de l’énergie ou encore les dépenses supplémentaires liées au transport des élèves en situation de handicap.

Elles viennent aussi renforcer les investissements du Département en culture, au côté des communes ou sur la politique de l’eau.

Mais, le choix de la majorité départementale est d’affecter l’essentiel de ces recettes à la réduction de l’emprunt (près de 120M€). Il s’agit d’un choix craintif, surprenant au demeurant, qui traduit un  vrai changement d’approche dans la gestion budgétaire de la collectivité… notamment au regard des propos du Président Barbier sur l’antenne de France Bleu Isère le 26 janvier 2023 : «  Forcément, il y a un endettement mais vous savez, pour une collectivité, c’est comme pour un ménage : en fonction des recettes et des revenus, on peut aussi investir, c’est ce que fait le Département. Mais la dette est très très raisonnable pour un département de notre catégorie ».

Avec cette santé financière marquée par une hausse forte des recettes depuis maintenant deux ans, les élu.es UGES attendent du Département de l’Isère, en tant que chef de file des solidarités, qu’il joue pleinement ce rôle. Ainsi, les choix de la majorité départementale auraient pu être différents :

Avec une hausse de 50M€ de recettes, la gauche et les écologistes n’auraient pas réduit d’un tiers l’aide aux acteurs du soutien à la parentalité (LAEP, CHRS), qui, contrairement aux affirmations exposées en commission, rentre largement dans le champ de compétences du Département en matière de protection de l’enfance ;

Avec une hausse de 50M€ de recettes, les élu.e.s UGES agiraient pour aider les ménages les plus précaires à payer leurs factures d’énergie en abondant le budget du Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL) et en élargissant les critères d’accès car la précarité énergétique touche de plus en plus d’isérois.es. Ce fut le sens des amendements du groupe dans les séances budgétaires précédentes ;

Avec une hausse de 50M€ de recettes, le groupe UGES lutterait plus efficacement contre les déserts médicaux en aidant les futurs médecins qui souhaitent s’installer dans ces centres de santé et être salarié car cette solution répond au souhait des nouvelles générations de praticien.nes

Enfin, avec une hausse de 50M€ de recettes, ajoutées aux crédits supplémentaires de la CNSA depuis deux ans, la gauche et les écologistes n’auraient pas tardé à compenser auprès des SAAD, les revalorisations salariales des aides à domicile (avenants). Cet immobilisme, injustifié d’ailleurs de la part de la majorité mais pleinement assumé, a fragilisé les structures d’aide à domicile de notre Département. C’est ce que les élu.es UGES ont pu constater dans les audits des associations qui ont été communiqués plus d’un an après leurs conclusions !

Par ailleurs, avec une capacité d’investissement hors norme au regard de l’état de santé des collectivités territoriales, le Département doit faire plus et surtout mieux.

Par exemple, le Département doit accompagner ses agriculteur.ices face aux enjeux climatiques et alimentaires. Avec une santé financière pareille, le Département doit se muer en leader de la transition agroécologique sur son territoire et soutenir notamment les candidat.es à l’installation en bio.

Le Département doit également investir maintenant, et non pas dans trois ans, pour accompagner les Iséroises et Isérois les plus modestes qui habitent en dehors de la Métropole de Grenoble mais qui doivent ou souhaitent se rendre sur le territoire de la ZFE-m.

Dans le domaine des routes, le Département doit s’engager immédiatement à la réduction de l’artificialisation des sols et mettre un terme définitif aux projets d’un autre temps qui visent à bitumer des zones protégées (Natura 2000) et participer à la destruction de la biodiversité.

Le débat porte sur le budget, des lignes de crédit, la capacité de désendettement… tout un tas de concepts bien éloignés du quotidien des Iséroises et Isérois. Mais au final, à qui s’adresse l’action sociale, compétence centrale du Département  ? Il s’agit de personnes dans le besoin de services publics pour vivre dignement, parfois pour survivre. Ici, il ne s’agit pas de confort. Ce sont des personnes en situation de handicap, des personnes âgées isolées, des parents célibataires confrontés aux difficultés de la parentalité. Nous sommes toutes et tous entouré.es de personnes dans ces situations de fragilité. Ces personnes ont besoin de l’intervention et du soutien de la force publique.

Au lieu d’agir avec détermination et engagement, la majorité se satisfait de « l’excellente » santé financière du Département. En cette fin d’année scolaire, il s’agit clairement d’un « hors sujet ».  A quoi bon une bonne santé financière et une très forte capacité d’investissement si c’est pour thésauriser lorsque les besoins multiples et criants se font ressentir dans tout notre Département comme c’est le cas aujourd’hui. Il est nécessaire d’agir maintenant pour répondre aux crises actuelles et d’investir maintenant pour l’avenir des Iséroises et Isérois.

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