03/02/2024

Schéma global des solidarités : ce qu’attendent les élu-es UGES

Le Département de l’Isère souhaite construire pour 2027 un schéma global des solidarités, document de cadrage de l’ensemble des politiques sociales du département.

Si l’intention est louable, tout comme l’objectif d’une plus grande transversalité dans les actions du Département, par la voix d’Amandine Germain le groupe UGES souhaite toutefois s’interroger sur le sens d’une délibération qui propose d’approuver un schéma en … 2027. (« d’approuver à l’horizon 2027, l’adoption d’un futur schéma (…) ») . Alors à défaut d’un schéma, nous aurions pu imaginer que cette délibération nous propose une méthode pour le construire.

Comme l’ont fait de nombreux départements avant l’Isère, il aurait pu être intéressant à travers cette délibération de proposer une phase de diagnostic afin d’interroger l’efficacité des dispositifs existants puis de lancer une démarche de concertation associant les partenaires naturels du département que sont les autres institutions, les associations et autant que faire se peut les personnes concernées ou leurs représentants.

Co-construire les politiques publiques est toujours une garantie pour répondre au plus près aux besoins des usagers et toujours un gage d’efficacité et d’appropriation des politiques. C’est d’ailleurs ce que les élu-es UGES proposaient dans le projet du Printemps Isérois en 2021 à travers l’organisation d’un Printemps des Solidarités.

Dans la délibération présentée par l’exécutif départemental, il n’y a ni schéma, ni méthode pour y parvenir. Alors quel est l’objet du vote ? Un projet d’administration  pour favoriser la transversalité – certes nécessaire- entre les services départementaux ?Cette seule intention se révèle un peu creuse pour nourrir une telle politique pour laquelle nous aurions pu attendre quelques ambitions pour renouer avec notre force d’innovation sociale … Car n’est-ce pas Monsieur le Vice-président Christophe Charles qui indiquait en commission le lundi 13 novembre que ce schéma « ne changeait rien » ?

Et pourtant le contexte oblige en tant que chef de file de l’action sociale: hausse de 40% des personnes de plus de 75 ans en Isère d’ici 2030, dans 7 ans ! ; difficultés financières de nos Ehpad et de nos Services d’aide à domicile ; difficultés à répondre aux besoins d’accompagnement en matière de handicap dans un contexte où l’Etat réduit ses moyens ; augmentation de la précarité, en particulier des femmes et des étudiants ; augmentation du nombre de mineurs à accompagner dans le cadre de la protection de l’enfance… Le Département est attendu sur de nombreux enjeux.

Les élu-es du groupe UGES attendent donc du futur schéma, qui sera voté dans … 3 ans, qu’il fasse des 4 points suivants des priorités : 

  • Permettre à chacun d’avoir accès à ses droits, dans un contexte où le non-recours aux droits est toujours aussi patent et où l’on constate que plus les personnes sont en situation de vulnérabilité plus l’accès aux droits est un jonché d’obstacles –on note à l’échelle nationale que 33 % de ceux qui ont droit au Revenu de solidarité active (RSA) ne le demandent pas, soit une progression de 4 points entre 2022 et 2021 selon le rapport publié le 8 novembre par le Secours catholique.
  • Assurer la continuité des parcours, pour éviter les ruptures ; (à la sortie de l’ASE, dans les parcours de soins et de prise en charge des personnes dépendantes et/ou en situation de handicap…) ;
  • Faire évoluer nos dispositifs pour répondre à la précarité des femmes, en particulier des mères isolées, et des jeunes, notamment des étudiants, que nous constatons d’année en année et dont le rapport du secours catholique  témoigne encore fortement, corroboré par les chiffres publiait par l’INSEE cette semaine sur l’état de la pauvreté en France ;
  • Prendre en compte l’attractivité des métiers des personnels de l’administration départementale, ainsi que des établissements et services sociaux et médico-sociaux. Tous ces métiers du lien qui mettent en œuvre les politiques de solidarité en Isère au quotidien. Car la pénibilité de leur métier, l’augmentation de leur charge de travail et la difficulté à recruter témoignent d’une situation qui mérite une mobilisation collective accrue.

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