03/02/2024

Handicap : le Département doit presser l’Etat à faire plus !

Lors des débats du budget primitif 2024, Sophie Romera a rappelé plusieurs points de vigilance du groupe UGES sur le champ du handicap et des politiques menées par le Département de l’Isère.

Le handicap se définit comme une limitation d’activité ou une restriction de la participation à la vie en société, subie par une personne en raison d’une altération d’une fonction ou d’un trouble de santé invalidant. Le message est clair, et c’est du ressort des pouvoirs publics de tout faire pour rétablir cet équilibre. Leur permettre l’égal accès à la vie en société, être un sujet de droit, libre de ses choix et de son mode de vie. En cela, beaucoup reste encore à faire. Leur vie, faite de ruptures quelle que soit la période, mérite que l’on construise des ponts.

En novembre dernier, le groupe UGES souhaitait interpeller l’Etat à travers un vœu relatif à l’article 53 de la Loi de Finances 2024. Cet article retire à la Maison Départementale des Personnes Handicapées (donc le Département de l’Isère) l’évaluation des besoins des enfants en situation de handicap à l’école, pour la confier à l’Education Nationale, qui ne dispose pas des personnels médicaux qualifiés.

Cette même Education Nationale dont la mission est déjà de mettre à disposition de ces enfants les ressources adéquates. Elle devient alors à la fois juge et partie. La conséquence est dangereuse : les besoins n’étant aujourd’hui pas couverts, le risque est de voir limiter cette évaluation aux ressources existantes. Bien loin de remédier aux obstacles actuels de poursuite de scolarité de ces enfants, cet article 53 est un caillou supplémentaire dans la chaussure de ces élèves. Élèves que l’on estime aujourd’hui à 470 000 scolarisés en milieu ordinaire.

C’est un sujet très important, nous portons la volonté de maintenir l’inclusion le plus loin possible pendant leur scolarité. Le groupe UGES a posé dans l’Assemblée départementale ce sujet, pourtant transpartisan, mais la majorité de droite a refusé le débat, et même le vote. « Une perte de temps » paraît-il.

Autre sujet important, celui des places en IME, ces instituts médico-éducatifs dont la mission est d’accueillir les enfants et adolescents atteints d’un handicap mental ou présentant une déficience intellectuelle liée à des troubles neuropsychiatriques. Encore une fois, nous portons le principe d’une société inclusive, qui permet à chacune et à chacun, quelle que soit son état, de vivre avec les autres. Mais pour certains c’est plus compliqué. Les familles ne sont pas toujours en mesure de répondre aux besoins spécifiques de ces enfants, et ces structures sont en mesure de leur apporter l’accompagnement médical et psychologique nécessaire.

C’est d’ailleurs également nécessaire lors de l’avancée en âge : on estime aujourd’hui à 40 000 le nombre de places manquantes en France pour accueillir les personnes jeunes et adultes, porteuses d’un handicap mental. Ces personnes qui ne peuvent pas toujours être prises en charge par leurs parents vieillissants. C’est un véritable soulagement lorsque des établissements prennent le relais.

Et que dire des jeunes adultes relevant de l’amendement « Creton » ? Ce texte qui permet depuis 1989 le maintien, dans un établissement pour enfants handicapés, de jeunes adultes ayant atteint l’âge limite autorisé, dans l’attente d’une place en structure pour adultes. L’avancée en âge des personnes porteuses de handicap est une réelle angoisse pour leurs parents plus âgés. Nous ne pouvons pas regarder ailleurs. Bien sûr c’est du ressort de l’Agence Régionale de Santé, mais le Département est un acteur plus qu’incontournable. Qui doit prendre sa place.

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