2022-05-22

Pour un plan de transition écologique à la hauteur des enjeux

La majorité départementale a présenté lors de la séance publique ce 17 mars, son plan de transition écologique. Un plan sans réelle ambition, flou. Le dernier rapport du GIEC et les milliers de manifestants pour le climat samedi dernier devraient agir comme un électrochoc. Il n’en est rien, le Département de l’Isère, avec sa politique de transition écologique n’est pas à la hauteur des enjeux et prend encore un train de retard… Le Groupe UGES propose une autre voie, pour un Département à la hauteur des enjeux.

Les objectifs des accords de Paris en 2015 prévoyaient un objectif de réductions des gaz à effet de serre de 40% par apport à 1990 d’ici 2030. Un accord relevé à 55% en avril dernier par les Etats européens.  Au niveau isérois, en se basant sur le bilan d’émission des gaz à effet de serre de 2015, cela se décline ainsi :

  • 2015 : environ 118   ktCO2e (hors TransIsère transféré à la région depuis) 
  • 2030 / Objectif accord de Paris : 86 ktCO2e, soit -27% par rapport à 2015
  • 2030 / Objectif UE : 65 ktCO2e, soit -45% par rapport à 2015

Dans sa délibération de 2017, le Département de l’Isère s’était fixé comme objectif une réduction de -3.8% à l’horizon 2020. Un objectif  déjà en deçà des accords de Paris et donc bien moins ambitieux que l’accord européen de 2021.

Extrait de la Délibération

Un seul et unique chiffre nous est communiqué dans ce rapport, aucun indicateur précis n’est affiché pour mieux appréhender l’efficacité des politiques. Si l’objectif de réduction de -3.8% semble atteint, cet indicateur ne représente qu’un tiers des émissions du Département. Nous ne savons pas quelle est l’évolution des deux autres tiers

La délibération soumise au vote le 17 mars proposait un bilan des 5 premières années d’action ainsi qu’une mise à jour des actions et des objectifs.

Un seul et unique chiffre nous est communiqué dans ce rapport, aucun indicateur précis n’est affiché pour mieux appréhender l’efficacité des politiques. Si l’objectif de réduction de -3.8% semble atteint, cet indicateur ne représente qu’un tiers des émissions du Département. Nous ne savons pas quelle est l’évolution des deux autres tiers.

Le Département, dans la lignée de sa politique environnementale depuis 2015, reste en retrait par rapport aux objectifs des accords de Paris.

Le plan de transition pour les compétences strictes du Département est dans la continuité du plan de 2015 avec 16 actions reconduites et 6 nouvelles actions ayant un impact limité.

L’objectif affiché est une réduction de 10% à échéance de 2028. Cet objectif n’est jamais justifié poste par poste. Même si cet objectif est atteint, la baisse par rapport à 2015 ne sera que de 13.5% et non 15% comme indiqué par erreur dans la délibération. Soit trois fois moins que ce que ce que le département devrait faire pour respecter les -45% les engagements de la France. Un recul coupable face à l’urgence de la situation.

Face à ce constat d’un Département à la traîne, nous souhaitons nous inscrire dans une démarche constructive. Il est encore temps d’adopter une autre voie. Plusieurs points peuvent et doivent être améliorés ou ajoutés, c’est dans ce sens que nous avons formulés plusieurs propositions lors de la séance publique ce jeudi 17 mars.

Dans le pilotage des politiques publiques tout d’abord :

  1. Production d’un réel bilan carbone intégrant tous les secteurs de compétences du Département avec des indicateurs précis et des objectifs de réduction.
  2. Pour les délibérations structurantes sur les compétences du Département, une estimation de l’impact sur les émissions de gaz à effet de serre doit être fourni aux conseillers départementaux afin de pouvoir prioriser les investissements.
  3. Ces études d’impact doivent s’étendre à toutes activités soutenues indirectement par le Département
  4. Il nous faut réellement piloter nos politiques publiques et prioriser nos investissements en fonction du coût carbone au même titre que le coût financier

Nos propositions d’actions :

  1. Investir massivement dans la rénovation thermique du parc du bailleur Alpes Isère Habitat
  2. Mener un inventaire/diagnostic exhaustif de tous les bâtiments départementaux afin de mener un grand plan de transition énergétique
  3. Restauration scolaire : envisager de proposer une alternative végétarienne tous les jours de la semaine et un menu strictement végétarien au moins un jour dans la semaine
  4. Agriculture : soutenir plus fortement l’agriculture biologique en proposant un « bonus » supplémentaire dans tous les dispositifs de soutien.
  5. Déplacements professionnels et domicile-travail : viser le 100% électrique pour les véhicules légers en 2030 et mettre en place une aide financière à l’acquisition de vélo à assistance électrique pour les ménages isérois sous condition de ressources

Toutes nos propositions ont malheureusement été rejetées en bloc par la majorité, qui persiste dans une inaction dangereuse face à l’urgence de la situation.

Retrouvez les amendements présentés par le Groupe UGES lors de la séance publique.